Le confinement remis en cause par des membres du Comité Scientifique

« Il est temps d’abandonner les approches fondées sur la peur, fondées sur un confinement généralisé apparemment aléatoire… »

« L’impact de l’enfermement général sur des économies entières a été dévastateur, le pire à venir étant le taux de chômage et la dette nationale. »

« Les conséquences sociales et sanitaires (y compris la santé mentale) sont également colossales, en particulier pour les jeunes générations, bien qu’elles soient à faible risque en termes de morbidité et de mortalité par infection par le SRAS-CoV-2. »

" L'évasion immunitaire signifie que nous avons besoin d'un nouveau contrat social COVID-19 "

TRADUCTION AUTOMATIQUE de la lettre " Immune evasion means we need a new COVID-19 social contract " de 5 membres de Comité Scientifique (Laetitia Atlani-Duault, Bruno Lina, Franck Chauvin, Jean-François Delfraissy et Denis Malvy) parue dans The Lancet le 18 février 

=> https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(21)00036-0/fulltext

" Les avantages collectifs de l'immunité collective sont devenus similaires à un mantra dans les stratégies de vaccination de masse, répété par les gouvernements et les chercheurs. Cependant, l'importance de l'immunité collective présentée comme une solution à la pandémie pourrait être sur le point de changer avec l'émergence de l'évasion immunitaire, un changeur de jeu virologique qui est aussi important que l'arrivée des variantes du SRAS-CoV-2. Faire face à l'évasion immunitaire exigera une réévaluation des stratégies de santé publique et la création d'un nouveau contrat social fondé sur des preuves.
Des études suggèrent que l'émergence et la propagation des variants du SRAS-CoV-2 sont corrélées à l'absence de protection immunitaire robuste après une première exposition à des virus (de type sauvage) antérieurs, voire à un vaccin.
Cette évolution, associée à l'émergence de mutants d'échappement immunitaires, a non seulement été observée avec le SRAS-CoV-2, mais aussi avec d'autres virus.
Une telle évolution pourrait être assistée par le déclin de la réponse immunitaire et notamment de la réponse anticorps. L'arrivée rapide des variantes du SRAS-CoV-2 telles que les variantes identifiées pour la première fois en Afrique du Sud et au Brésil suggère une soi-disant évasion immunitaire naturelle.
En outre, la dynamique de l'immunité collective naturelle ou vaccinale dans les régions où ces variantes ont émergé pourrait avoir exercé une pression substantielle sur l'écosystème viral, facilitant l'émergence d'un variant avec une transmissibilité accrue.
Si une évasion immunitaire importante se produit, les vaccins actuels offriront probablement encore un certain bénéfice aux individus. Au niveau de la population, cependant, ils pourraient induire une sélection virale et une fuite, rendant de plus en plus éloignée la perspective d'obtenir une immunité collective.
Ce changeur de jeu virologique a de nombreuses conséquences, non seulement pour les vaccins et les traitements, mais aussi pour les stratégies de prévention et de contrôle. La fin tant attendue de cette crise sanitaire mondiale pourrait être continuellement reportée, à mesure que de nouvelles variantes émergent et que l'évasion immunitaire réduit l'efficacité de la vaccination à court et moyen terme.
Par conséquent, il est temps d'abandonner les approches fondées sur la peur, fondées sur un confinement généralisé apparemment aléatoire et stop-start comme principale réponse à la pandémie; des approches qui attendent des citoyens qu'ils attendent patiemment jusqu'à ce que les unités de soins intensifs soient renforcées, que la vaccination complète soit réalisée et que l'immunité du troupeau soit atteinte.
Les populations ont jusqu'à présent été relativement satisfaites, mais leurs doutes et leur méfiance sont visibles dans les mouvements de protestation dans plusieurs pays. L'impact de l'enfermement général sur des économies entières a été dévastateur, et le pire reste à venir avec les niveaux de chômage et de dette nationale.
Les conséquences sociales et sanitaires (y compris la santé mentale) sont également colossales, en particulier pour les jeunes générations, bien qu'elles soient à faible risque en termes de morbidité et de mortalité par infection par le SRAS-CoV-2.
Pour assurer au mieux le succès de la vaccination de masse - quel que soit son impact espéré sur la transmission - et pour ralentir l'émergence de nouvelles variantes, tout en évitant le confinement général, les gouvernements doivent intégrer et appliquer les mesures disponibles d'une manière beaucoup plus ciblée sur les différents groupes générationnels. Différents groupes d'âge ne sont pas affectés de la même manière par le virus; de mars à juin 2020, 96% des décès supplémentaires liés au COVID-19 en Europe sont survenus chez des patients âgés de plus de 70 ans.
Fondamentalement, la nouvelle approche devrait être basée sur un contrat social clair et transparent, ancré dans les données disponibles et appliqué avec précision à sa gamme d'objectifs générationnels. Dans le cadre de ce contrat social, les jeunes générations pourraient accepter la contrainte des mesures de prévention (ex: masques, distanciation physique) à condition que les groupes plus âgés et les plus vulnérables adoptent non seulement ces mesures, mais aussi des mesures plus spécifiques (ex: auto-isolement volontaire selon des critères de vulnérabilité) pour réduire leur risque d’infection. Les mesures visant à encourager l'adhésion des groupes vulnérables à des mesures spécifiques doivent être encouragées de manière cohérente et appliquées équitablement. La mise en œuvre d'une telle approche doit se faire de manière sensible et en conjonction avec le déploiement de la vaccination dans les différentes populations cibles, y compris toutes les générations de la société.
Il n'est plus possible d'utiliser le confinement général stop-start comme principale réponse à la pandémie de COVID-19. Bien qu'attirant pour de nombreux scientifiques, et une mesure par défaut pour les dirigeants politiques craignant une responsabilité juridique pour des réponses nationales lentes ou indécises, son utilisation doit être réexaminée, uniquement pour être utilisée en dernier recours.
Nous, scientifiques qui travaillons contre le COVID-19, devons avoir le courage de nous adresser à ceux qui sont au pouvoir, qui portent la responsabilité ultime des politiques choisies et de leurs conséquences. Si cette responsabilité est esquivée ou retardée, le jour inévitable du calcul pourrait être terrible.
Nous sommes membres du Conseil Scientifique Français du COVID-19. "

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