L'après-Covid-19, témoignage du Dr Philippe Vasseur

" Médecin hospitalier et expert près de la cour d'appel de Paris, le docteur P. Vasseur a été infecté par le coronavirus dont il a développé une forme sévère. Sorti de l'hôpital, il partage ses conseils afin de récupérer autant que possible sa capacité respiratoire. "

Auto-rééducation respiratoire post-Covid

Le Dr Philippe Vasseur est médecin hospitalier dans une unité́ médico-judiciaire et médecin du sport en libéral, voici ses recommandations :

" Travailler les deux temps de la respiration "

" La respiration recouvre les échanges gazeux résultant de l’inspiration et de l’expiration de l’air. Pour améliorer les échanges gazeux, il faut travailler spécifiquement les deux temps de la respiration, l’inspiration et l’expiration.

Travailler l’inspiration consiste à ouvrir sa cage thoracique. Un exercice simple pour récupérer l’amplitude thoracique initiale : prendre un bâton (un manche à balai fera l’affaire) à deux mains, le soulever au-dessus et légèrement en arrière de la tête en inspirant à fond (limiter ce geste si douleurs) puis redescendre le bâton sur le ventre en expirant lentement. On peut aussi sans bâton effectuer des exercices de brasse, de crawl, ou travailler l’extension des bras avec un élastique de sport…

Travailler l’expiration nécessite de vider ses poumons le plus profondément possible. Un autre exercice peut s’effectuer avec une paille ou le corps d’un stylo Bic dont on retire la mine et le capuchon : remplir un verre d’eau au tiers, placer la paille ou le corps du stylo dans le verre et expirer très lentement en faisant des bulles.

Pour terminer, travailler la relaxation en pratiquant la respiration abdominale : mettre la main sur le ventre, inspirez par le nez, bouche fermée en gonflant le ventre (la main est projetée en avant) puis expirez en soufflant par la bouche et en rentrant le ventre. "

" Permettre d’éviter d’éventuelles séquelles "

" Beaucoup d’autres exercices respiratoires peuvent ainsi être pratiqués. La fréquence et la durée de ces séances doivent être adaptées en fonction de l’intensité́ de la fatigue, de la douleur et de la toux. Trois à cinq séances de dix minutes par jour peuvent progressivement être mises en place. Ce travail pulmonaire peut aider à récupérer plus vite et permettre d’éviter d’éventuelles séquelles.

Aujourd’hui, personne ne sait évaluer les séquelles pulmonaires du Covid-19. Ma double expérience de médecin et de patient m’a convaincu que ce travail précoce est indispensable. Même sans l’aide d’une réadaptation respiratoire spécialisée, difficile à mobiliser dans le contexte actuel de crise, le convalescent du Covid peut et doit mobiliser ses propres ressources pour améliorer sa capacité respiratoire et recouvrer autant que possible son état antérieur.

Par ailleurs, lorsqu’on est contaminé par le Covid-19, cela peut se traduire par certains symptômes, au premier rang desquels la fièvre, la fatigue et une toux sèche. D’autres symptômes peuvent s’y associer : courbatures, nez qui coule, perte de l’odorat, du goût, diarrhées, … "

Paru sur libération .fr le 17 avril 2020 => https://www.liberation.fr/france/2020/04/17/gene-respiratoire-comment-se-reeduquer-apres-le-covid_1785574

 

" L'après-coronavirus: des gênes qui perdurent et peu d'accompagnement " (AFP)

" On ignore quelles sont les séquelles de ce virus: pour tenter de les éviter, je me rééduque tout seul par des séries d'expirations/inspirations et en soufflant doucement dans une paille pour faire des bulles dans un verre d'eau". Mais attention: "Il faut y aller doucement pour ne pas irriter ses poumons et recommencer à tousser ".

Paru sur linternaute.com le 24 avril 2020, source AFP => https://www.linternaute.com/actualite/depeches/2493931-l-apres-coronavirus-des-genes-qui-perdurent-et-peu-d-accompagnement/

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