Contagiosité du SARS-CoV-2

Contamination majeure par voie aérienne

Une équipe du MIT (Massachussets Institute of Technology de Cambridge) vient de remettre en question le modèle de la contamination par gouttelettes tel qu'il était admis jusqu'à présent (*).

Des études en laboratoire montrent que l’expiration, l’éternuement ou la toux expulsent un nuage de gaz contenant des gouttelettes de toutes les tailles (pas que des grosses et des petites) avec plus ou moins de turbulences. La durée de vie des gouttelettes peut être de plusieurs minutes et elles peuvent être propulsées à une vitesse pouvant atteindre 10 à 30 mètres par seconde (parcourant alors une distance de 7 à 8 mètres).

Tout au long de la trajectoire du nuage, des gouttelettes contaminent l’environnement. 

Ainsi, la distance de sécurité de 1 mètre entre deux personnes est insuffisante pour se protéger d'une contamination (cf. ce qui est déjà mentionné dans l'article ci-dessous "La notion de contact étroit et l'importance de la distanciation sociale "). Le port de masque systématique dans les interactions sociales (sous réserve d'une bonne utilisation de celui-ci) limiterait très fortement le risque de contamination car il est possible d'être contaminé rien qu'en parlant (sans éternuement ni toux).

NB: cette étude réalisée dans des conditions de laboratoire peut être extrapolée à ce qui se passe probablement à l'intérieur de locaux d'habitation, de bureaux, de lieux de soins, ... mais les conditions en milieu extérieur peuvent être différentes, notamment en fonction des conditions atmosphériques.

 

Jit200011f1 nuage air expire

 

Pour découvrir l'étude => https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2763852?guestAccessKey=1ed994c4-8053-429e-9e80-f9e1d39b11ad&utm_source=silverchair&utm_medium=email&utm_campaign=article_alert-jama&utm_content=olf&utm_term=032620cathe

NB: lien vidéo dans l'article

 

(*) ANCIEN MODELE DE CONTAMINATION PAR GOUTTELETTES

En 1897, Carl Flügge (bactériologiste allemand) avait mis en évidence que des agents pathogènes étaient présents dans des gouttelettes émises lors de l'expiration de patients infectés. Ce modèle avait été revu dans les années 1930 par le Pr William F. Wells (Ecole de Santé Publique de Harvard) qui, lors de ses travaux de recherche sur la contagiosité du bacille de la tuberculose, avait distingué deux sortes de gouttelettes

  • les plus grosses qui tombaient et contaminaient l’environnement du malade (les surfaces)
  • les plus petites qui s’évaporaient et s’assèchaient en passant de la chaleur humide des bronches et des voies aériennes supérieures à l’air ambiant (plus sec et plus froid): formation d'aérosol, c'est à dire d'une suspension de particules dans un gaz (par ex. le brouillard est un aérosol).

Les recommandations de l’OMS et de la plupart des agences sanitaires reposaient encore sur ces notions au début de la Pandémie Covid-19 

 

03 avril 2020

La notion de contact étroit et l'importance de la distanciation sociale

Aux Etats-Unis, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention ou Centres de Contrôle et de Prévention des Maladie) définissent le « contact étroit » lorsque nous nous trouvons " à moins de deux mètres d'une personne infectée, que nous sommes présent (e)s dans la chambre ou dans la zone de soins d'un patient infecté pendant une période prolongée sans porter d'EPI " (Equipement de protection individuelle), en l'occurence un masque FFP2 (le masque chirurgical permet de ne pas exposer les autres à nos propres sécrétions mais n'est pas un EPI - à défaut de masque FFP2, c'est la technique du double masque qui est à mettre en oeuvre (la personne infectée et la personne devant être à moins de 2 mètres portent chacune un masque chirurgical). Un contact étroit comprend également les cas où il y a un contact direct avec des sécrétions infectieuses sans porter l'EPI recommandé. " Un contact étroit n'inclut généralement pas de brèves interactions, comme passer devant une personne."

" Lorsqu'une personne touche une surface ou un objet contaminé par le virus à l'origine du COVID-19, puis touche ses propres yeux, nez ou bouche, elle peut s'exposer au virus." 

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Aux Etats-Unis, les NIH (National Institutes of Health ou Instituts Américains de la Santé), signalent "ce dont nous avons le plus besoin actuellement pour ralentir la propagation furtive de ce nouveau coronavirus est une mise en œuvre complète de la distanciation sociale." (...) Une étude récente publiée dans la revue Science, " explique pourquoi la distance sociale peut être notre meilleur espoir pour ralentir la propagation de COVID-19 " [1]. Il s'agit d'une modélisation mathématique de la propagation du nuveau coronavirus en chine:
Pour chaque cas confirmé de COVID-19, il y a probablement  5 à 10 personnes atteintes de l'infection mais non détectées.
• Les individus infectés non détectées étaient si répandus en Chine qu'ils étaient apparemment la source d'infection pour 86% des cas confirmés.
• La propagation du COVID-19 a été considérablement ralentie par l'instauration des mesures de restriction des déplacements et la mise en place de la distanciation sociale

(...)
" Comme le démontrent clairement ces nouvelles découvertes, chacun de nous doit prendre au sérieux la distance sociale dans sa vie quotidienne. (...) Si cette pandémie n'est pas contenue, ce nouveau coronavirus pourrait bien circuler dans le monde pendant des années, au péril de nous et de nos proches."

(...)

" L'éloignement social demeure l'une des meilleures armes dont nous disposons pour ralentir la propagation silencieuse de ce virus et aplanir la courbe de la pandémie de COVID-19. Cela donnera à nos professionnels de la santé, à nos hôpitaux et à d'autres institutions un temps plus précieux pour se préparer, se protéger et aider les nombreuses personnes dont la vie pourrait être menacée par ce coronavirus."
(...)

" Les jeunes en bonne santé (*), dont le risque de mourir d'un coronavirus n'est pas nul mais assez faible, pourraient faire valoir qu'ils ne devraient pas être contraints par la distanciation sociale. Cependant, la recherche mise en évidence ici démontre que ces personnes sont souvent le vecteur involontaire d'un virus dangereux qui peut faire beaucoup de mal et même tuer les personnes âgées et les plus vulnérables."

 

References: Substantial undocumented infection facilitates the rapid dissemination of novel coronavirus (SARS-CoV2). Li R, Pei S, Chen B, Song Y, Zhang T, Yang W, Shaman J. Science. 16 March 2020. [Preprint ahead of publication]

(*) adolescents et adultes de moins de 30 ans 

28 mars 2020

 

 

" Les études chinoises montrent que dans une chambre de malade, en vingt-quatre heures toutes les surfaces sont contaminées." 

Une " deuxième vague est possible soit par relâchement du confinement soit par effet de vague sur les contacts de malades.​"

Dr Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon.

26 mars 2020 - Le Monde

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/26/coronavirus-tout-dependra-de-notre-capacite-a-absorber-l-arrivee-de-malades-en-reanimation_6034515_3224.html

Notion de charge virale et de contagiosité du coronavirus SARS-CoV-2

Le 16 mars, le Pr Didier RAOULT, directeur de l'IHU Méditerranée-Infection (https://www.mediterranee-infection.com/) a expliqué que la contagiosité d'une personne infectée par le Covid-19 est liée à la charge virale (quantité de virus au sein de l'organisme) et que ce ne sont pas les enfants qui sont les plus contagieux (la proportion d'enfants porteurs est très faible pour le Covid-19, jusqu'à 15 ans, contrairement à ce qui se passe pour la grippe saisonnière avec les très jeunes enfants au début de la socialisation) mais les adultes (le nombre de cas de porteurs du virus commence à doubler à partir de 18 ans)

Les facteurs de risques en cas d'infection Covid-19 sont l'âge et les pathologies associées ainsi que la durée de portage du virus.

Les premières analyses rétrospectives mettent en évidence que la durée de la  "charge virale moyenne" serait de 20 jours pour le Covid-19 (donc contagiosité au delà des 14 jours annoncés jusqu'à présent).

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Diaporama présenté le 16 mars au sujet des 1ers cas traités par la Chloroquine ou par l'hydroxychloroquine (diminution du taux de portage de 90% à 25 % en 6 jours) et l'effet de l'association avec un antibiotique qui limite à la fois la contagiosité et l'évolution des infections virales respiratoires vers les formes sévères ou critiques => https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/COVID-19.pdf

17 mars 2020

Vidéo de présentation du diaporama => https://www.mediterranee-infection.com/coronavirus-diagnostiquons-et-traitons-premiers-resultats-pour-la-chloroquine/