Inhalations chaudes

L'inhalation d'air chaud humide à haute température: un moyen de lutte contre le coronavirus?

Les préconisations du Dr Pierre-Jacques Raybaud médecin généraliste et formé en immunologie 

 

L’inhalation d’air chaud humide à des températures supérieures ou égales à 56° 

" Se pose le problème de la tolérance à l’inhalation : il faut trouver le meilleur compromis entre l’intérêt d’une température la plus haute possible et sa tolérance. Dans les hammams, on supporte sans problème 50°. Il en va de même pour le sauna qui peut monter à 85°. En revanche, dans l’inhalateur, il est difficile d’inspirer sans se brûler un peu l’extrémité du nez vers les 75°. Après de nombreux essais avec une sonde thermique, des délais plus ou moins longs et des inhalateurs classiques en plastique avec 500cc d’eau (donc grand inhalateur), il semble que ce protocole soit intéressant et réalisable par tous, pour réduire les virus captés, exceptés les petits enfants. La méthode a le mérite d’être facile à mettre en œuvre, d’avoir une totale innocuité et de ne rien coûter à part le chauffage de l’eau. (Attention : il faut éviter les inhalateurs électriques qui ne dépassent pas 45°).

Il faut, en revanche, abandonner l’idée de l’eau dans un bol avec une serviette pour assurer l’étanchéité thermique. La température descend trop vite, en moins d’une minute sous les 55°, donc pas efficace. "

 

Le protocole 

- Boucher avec du simple scotch les trous de l’inhalateur en plastique.

- Mettre de l’eau bouillante dans un inhalateur de 500cc.

- Attendre 1 minute 30 secondes, l’inhalateur tel quel avec son couvercle, mais embouchure ouverte.

- Puis, le principe va être d’inspirer de la façon la plus lente possible, pour que la chaleur soit le plus longtemps appliquée sur les muqueuses, et d’expirer l’air à l’extérieur de l’inhalateur le plus fort et le plus vite possible et se remettre au plus vite sur l’inhalateur. C’est encore difficile de 1mn30s à 2mn30s, dans ce cas on inspire plus court en fonction de la sensation de brûlure au bout du nez. Très vite on arrive à prolonger le plus longtemps possible l’inspiration lente et profonde. Si l’inspiration est trop difficile, il faut juste s’appuyer un peu moins fort sur l’inhalateur.

- Il faut aussi alterner une inspiration par le nez et, après l’expiration très rapide suivante, inspirer de manière lente par la bouche, cela durant 6mn, le temps total à partir du début étant de 7mn30s.

La sphère ORL et le tractus trachéo-bronchique auront été ainsi exposés 6 minutes à au moins 60° pour réduire la charge virale, ou même la détruire, si elle est faite très vite par rapport à une notion de contact.

 

Recommandations

" L’inhalation est à éviter pour les enfants de moins de 8 ans, car ils risquent de renverser l’inhalateur contenant l’eau bouillante. Les parents devront, dans tous les cas, surveiller de près les enfants, et tenir l’inhalateur par précaution. Pour les plus petits de moins de 5 ans, c’est contre-indiqué. La muqueuse des enfants est plus sensible à la chaleur. Pour les enfants de 5 ans et plus, le délai d’attente avant de commencer devrait être de 2 minutes 30 secondes et la durée totale de 5 minutes. La méthode est contre-indiquée pour les personnes sujettes aux saignements de nez et sous anticoagulant. Il conviendrait d’avoir sur ce point l’avis de son médecin.

Sinon, le protocole est dénué de risque. Inutile de rajouter quoique ce soit dedans en plus de l’eau : c’est sur la chaleur que l’on compte. Pour les asthmatiques, il serait souhaitable, en cas de gêne respiratoire, d’inhaler un broncho-dilatateur 15 minutes avant avec l’avis de son médecin. On peut avoir une légère congestion nasale après une telle inhalation et, parfois, un peu mal à la gorge mais cela ne dure pas et ne prête à aucune conséquence. "

 

NB: l'inhalation n'est pas l'équivalent d'un lavage de nez (qui lui est à proscrire dans la période d'épidémie en phase 3)

 

Extraits de l'article du Dr Pierre-Jacques Raybaud sur Médiapart du 2 mars 2020 (actualisé le 8 mars 2020)

=> https://blogs.mediapart.fr/pierre-jacques-raybaud/blog/020320/coronavirus-recommandations-et-inhalation

 

24 mars 2020