Précautions alimentaires

Courses, préparation des fruits et légumes, temps de cuisson des aliments

Le SARS-CoV-2 est un virus des voies respiratoires, très contagieux, qui peut survivre plusieurs heures en dehors du corps humain, sur des surfaces inertes telles que les tables, les éviers, la vaisselle, etc. Cependant, il ne se transmet pas par les voies digestives (les modes de contamination sont les gouttelettes d’origine respiratoire et le contact direct avec des mains souillées). 

Les aliments sont à laver avant d’être préparés mais pas avec un désinfectant tel que l’eau de Javel. Le mieux est de passer les fruits et les légumes sous l’eau tout en les frottant (efficacité de l’effet mécanique, comme pour le lavage des mains). Il est possible d’utiliser une lavette en microfibres dédiée à cet usage pour les sécher (puis la déposer directement dans le lave-linge, sans l’entreposer ailleurs (pas de bac à linge), comme pour le linge de maison et les vêtements - prévoir un programme de lavage à 60° pendant 30 min, au moins toutes les 48H).

Le SARS-CoV-2 ne résiste ni à la cuisson, ni à l’eau savonneuse, ni a priori au vinaigre blanc (ni à l'eau de javel mais attention, laver ses fruits et légumes à l'eau de javel est toxique pour nous ).

Attention à respecter la mise en garde de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses): « une personne infectée peut contaminer les aliments en les préparant ou en les manipulant avec des mains souillées, ou en les exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements ».

Le SARS-CoV-2 est sensible aux températures de cuisson habituelles. «  Un traitement thermique à 63 °C pendant quatre minutes permet de diviser par 10 000 la contamination d’un produit alimentaire. »

Selon le docteur Bruno Grandbastien même si « dans le champ de la santé, le risque zéro n’existe pas », « le risque de se contaminer en touchant des produits qu’on met dans son chariot n’est pas nul, mais il est faible. Ce n’est pas le mode principal de transmission ». 

C’est le respect des gestes barrières qui est fondamental: penser à éviter de se frotter les yeux ou de se gratter le nez pendant les courses et sur le trajet du retour, faire une friction des mains après avoir déposer les courses dans son véhicule et surtout se laver correctement les mains à son retour à domicile. NB: penser à se changer en rentrant chez soi (prévoir une tenue d'intérieur) et même de déposer d'emblée les vêtements dans le lave-linge s'il y avait beaucoup de monde, si nous sommes restés longtemps attendre pour faire la queue, si nous avons croisé des personnes qui ont toussé ou éternué près de nous alors qu'elles ne portaient pas de masque.

Le mode de transmission le plus largement constaté est bien le contact entre humains (par les mains et/ou les expectorations). L’usage des gants est une fausse-protection si l’on ne maitrise pas la technique de pose et de retrait de type « pré-opératoire » et surtout une fois enlevés, les gants ne doivent pas être ré-utilisés mais immédiatement jetés. Le port d'un masque en tissu peut être utile lors des courses car les clients se croisent parfois à moins d'un mètre (peu de risque cependant si cette promiscuité dure moins de quelques minutes, sauf en cas d'éternuement ou d'accès de toux).

23 mars 2020

Et les animaux ?

" Selon le groupe d’experts réunis par l’Anses : aucune preuve pour incriminer les animaux de compagnie et d’élevage dans la propagation du virus. Une éventuelle transmission alimentaire implique nécessairement la contamination de la nourriture par un malade ou une personne infectée par le virus, lors de sa manipulation ou de la préparation du repas. Dans ce contexte, les produits animaux ou végétaux de tous types peuvent être concernés. Par ailleurs, si aucun élément ne laisse penser que la consommation d’aliments contaminés puisse conduire à une infection par voie digestive, la possibilité d’infection des voies respiratoires lors de la mastication ne peut être totalement exclue. L’Agence rappelle que la cuisson et les bonnes pratiques d’hygiène, lors la préparation des denrées alimentaires, préviennent efficacement la contamination. "

Christian Deleuze, La Revue du Praticien

24 mars 2019